dimanche 11 octobre 2015

Milena MAKARIUS


BIOGRAPHIE :

"Il y a encore trois ans, j’aurais dit que ma grande passion était la langue, et avec elle, la littérature. Le français, d’abord ma langue d’adoption, devenue celle de la pensée, est aussi mon métier. Je m’y suis consacrée depuis l’âge de 24 ans en devenant assistante de littérature française ancienne à l’Université de Sofia. Depuis 1990, je vis en France. Aujourd’hui, j’enseigne le français médiéval et la littérature française du Moyen Âge à l’Université de Limoges. 

Au moment où je devais choisir ma voie professionnelle, je dessinais beaucoup et mon choix était tout fait : les Beaux Arts. Mais la Bulgarie communiste interdisait à ses jeunes ressortissants des études autres que les sciences exactes et les lettres. Les études aux Beaux-Arts qui m'attiraient m'étaient donc plus que déconseillées : elles faisaient partie de l'idéologie capitaliste « pourrie ». Cliché tellement répété qu’il a donné lieu à une blague : le capitalisme est comme la nèfle : plus il pourrit, meilleur il est. Nous devions rentrer dans le pays et c’est donc par défaut que je me suis inscrite en lettres. La déception s'est transformée en émerveillement qui a conduit à ma carrière universitaire. 

Et voilà qu’il y a deux ans, encouragée par l’enthousiasme d’un ami qui m’a vu gribouiller un portrait, je suis revenue vers mes anciennes amours. J’y suis revenue timidement d’abord, en allant tous les samedis dans l’atelier de l’artiste Cléa Vignando. Puis, j’ai vite compris que tout était toujours là, à portée de pinceau, l’état second entre concentration et abandon que j’avais déjà connu et le plaisir immédiat. Qu’une passion avait recouvert l’autre. 

C’est en boulimique que je me suis lancée depuis à découvrir des techniques. Tous les sujets m’attirent, mais peut-être le plus en ce moment la figure humaine, le visage. Ce n’est pas la ressemblance que je recherche dans les portraits. Le visage humain me fascine par ce qu’il ne donne pas immédiatement à voir. Forme géométrique et lieu où s’exprime l’identité du sujet mais également un instantané de vie. Visages figés comme des masques ou venant comme derrière une vitre, comme des apparitions. 


C’est du geste de retenir une ombre en dessinant ses traits sur le mur que la peinture est née, dit la légende. Du désir de se saisir donc d’une absence et de la conjurer. La peinture pour moi, c’est ça : un jeu autour de la présence- absence. Capter une forme capable de dire cette absence et faire venir un bout, un fragment de présence par et dans la matérialité du tableau. Peindre une pensée, un sentiment, un mouvement qui de moi ira au tableau et croisera quelque part, dans un temps qui m’échappe, celui qui regarde. 

En avril 2013 j’ai fait ma première exposition au centre culturel de Feytiat." 

Milena Makarius, 2015

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire