dimanche 18 octobre 2015

Exposition de peinture : Jean-Claude VIROULAUD du 7 au 29 Novembre 2015

Dans la tradition, cet artiste compose ses natures mortes en prenant soin de ménager de somptueux effets qu’il traite avec maestria.

La lumière rebondit sur les porcelaines anciennes, joue avec la transparence d’une carafe tandis que les fruits, toujours de saison apportent une repartie colorée.

Dans cette œuvre, le choix de la mise en scène est primordiale, puisque Viroulaud prend soin d’établir un véritable dialogue poétique pour offrir une vie silencieuse a ces objets.




Vernissage vendredi 6 novembre 2015 à 18h30

Adresse :
Tour Saint-Jean
Rue Saint Jean
16 380 Marthon

Renseignements au 06 75 05 89 34




Prochain concert à la Tour Saint-Jean le 21 Novembre 2015 à 21h

On est habitué à entendre Didier Fréboeuf au sein de nombreuses formations, que ce soit avec Guvetch, le Maxiphone, en trio avec Ifriqiya, Souriau/Legrand ou avec d'autres musiciens improvisateurs.

C'est en solo (seul avec un piano) qu'il se présente à vous pour partager une musique qui emprunte de nombreux sentiers imprévus.

Entre composition et improvisation, entre jazz et musique du monde







Suite à un concert :

" Ayant eu souvent l'occasion d'aller écouter Didier Fréboeuf au sein de différentes formations jazz et musiques improvisées, c'est en piano solo que cet artiste me touche le plus. S'agissant de ses propres compositions ou d'hommages rendus aux musiciens qui lui sont chers, il s'aventure souvent dans des domaines qui lui sont propres, si bien qu'on a l'impression qu'il fait sienne la musique d'autrui.

Dans le cadre privilégié de l'auditorium du Domaine Musical de Pétignac c'est devant une salle bien remplie que débute ce concert, face à face (Facing You) entre un pianiste et un superbe Steinway tout de noir vêtu. « Chemins Imprévus » petite improvisation en guise d'entrée en matière, histoire peut-être de poser quelques jalons du genre « attention cher public inutile d'espérer des standards ! » Didier ne manque pas de civilités envers les artistes qu'il va citer tout au long de ce concert, Mal Waldron( «Toucouleurs» ), Dollar Brand («Manenberg» «Sunset in Blue») et les Bushmen de Namibie («Virtuel») fleurons de la musique d'Afrique du Sud. Avec « Novi Sad », on est chez Miles, l'esprit de Keith Jarrett n'est pas loin, lyrisme et petits chantonnements murmurés. Autre composition personnelle : «Ça n'empêche pas le vacarme» commence comme une petite ballade enfantine, puis ça déraille un tant soit peu, ça explose dans les graves, ambiance tempête et coups de tonnerre dans les immensités norvégiennes, retour au calme avec le thème, frissons garantis.

« Les personnes de la personne sont multiples dans la personne», titre on ne peut plus alambiqué emprunté à Amadou Hampâté Bâ, se situe entre la musique de Paul Bley et Anouar Brahem nous précise le pianiste. Autre impro (à la Joachim Kühn) où dans un espace très court on reconnaît quelques mesures du « Sacre du Printemps ».

Le public séduit en redemande, obligation pour l'artiste de remettre le couvert, NON! ce ne sera pas «Petite Planète» le cheval de bataille du pianiste, petit bijou qui mériterait de figurer au Panthéon des plus belles compositions de jazz, de celle dont on ne se lasse pas, et que l'on espère ce jour-là voir surgir sous les doigts de l'interprète. Le morceau de rappel sera néanmoins « Etrangement Familier» titre d'une improvisation à consonance une nouvelle fois sud-africaine, fin du concert, Magistral !


PS: Les prestations de Didier Fréboeuf ont subi quelques chamboulements chronologiques à travers ce compte-rendu, c'est une impro au feeling que l'artiste coutumier du fait va me pardonner, j'en suis sûr."

Roger Bertrand


06 81 91 16 64

dimanche 11 octobre 2015

Milena Makarius à la Tour Saint-Jean


Au Moyen Âge, le miroir était un instrument de vérité. Aucune chose n’existait vraiment si elle n’était vue dans le miroir. C’est dans le miroir qu’on tombait amoureux. 

Le miroir dit la vérité, mais il trompe également.
Il est source d’illusion.
Il produit des reflets, des paroles.
Le miroir ramasse la réalité, mais pour produire une vérité plus lisible.
Le miroir est le symbole de l’imagination. 

«L’écrivain est obligé d’avoir en lui je ne sais quel miroir concentrique où suivant sa fantaisie l’univers vient se réfléchir. » 
Balzac, Préface de Peau de chagrin, 1831 

« Il faut que le drame soit un miroir de concentration »
Victor Hugo, Préface de Cromwell, 1827








Marthon : des artistes bulgares exposent à la Tour Saint-Jean


La Tour Saint-Jean a invité des artistes bulgares jusqu’à la fin du mois. L’expo de Milena Makarius est complétée par conférence, projection et danse.



Patrick Maindron propose des expos de mai à novembre à la tour Saint-Jean à Marthon, 
comme ici celle de Milena Makarius. PHOTO/Photo S. C.

Deux mille cinq cents visiteurs depuis mai. La tour Saint-Jean de Marthon est un lieu de rencontres cher à son propriétaire Patrick Maindron. Ce mois-ci, avec son association La Tour Saint-Jean, il se met à l’heure bulgare en invitant des artistes, originaires de Bulgarie. Des connaissances de connaissances comme souvent. La peintre Milena Makarius et la musicienne danseuse Siyka Katzeva lui ont été conseillées par un ami musicien.

La première expose ses apparitions, encres et miroirs, visages dessinés et gravés, sur deux étages. La seconde animera une conférence projection cet après-midi autour des musiques bulgares. Elle récidivera une semaine plus tard avec un stage d’initiation aux danses traditionnelles. Trois temps forts amorcés dès le 3 octobre par le concert de Guvetch. "On essaie de ne pas se limiter à une expo. Pour la rendre plus vivante, on la complète avec plusieurs rendez-vous", explique le maître des lieux qui peut compter sur un solide réseau d’un millier de fidèles.

La programmation de La Tour Saint-Jean est suffisamment éclectique pour attirer différents publics. Les amateurs de patrimoine rural, séduits par l’hommage rendu à une centenaire de Grassac, ne sont pas forcément des passionnés d’art contemporain. Les deux ont leur place à Marthon.

Jeux de miroirs

Milena Makarius confesse sa vérité dans le miroir. Prof de littérature à Limoges, elle cite Balzac: "L’écrivain est obligé d’avoir en lui je ne sais quel miroir concentrique où, suivant sa fantaisie, l’univers vient se réfléchir." Ses miroirs à elle portent le masque de la souffrance. "Ce n’est pas la ressemblance que je recherche dans les portraits. Le visage humain me fascine parce qu’il ne donne pas immédiatement à voir", explique-t-elle, en quête de "l’identité du sujet", mais aussi d’un "instantané de vie".

"Elle est venue, elle a senti le lieu. Elle a fait ses visages par rapport à l’architecture. C’est une démarche intérieure", résume Patrick Maindron, au pied d’une fresque qui casse l’espace. Avec ses vagues de couleurs. Un flot lumineux au milieu d’un océan de réflexion. De quoi interpeller le public qui se mire dans ses tableaux. "Donner du bonheur aux gens, c’est aussi du bonheur pour nous", commente le galeriste en partageant son regard sur cette avant-dernière expo de l’année.


Exposition des oeuvres de Milena Makarius à la Tour Saint-Jean à Marthon, visible jusqu’au 25 octobre, du samedi au dimanche de 14h à 19h.

Conférence et projection autour d’un panorama des musiques traditionnelles bulgares aujourd’hui à 15h; projection du film "The World is big" à 16h30.

Stage d’initiation aux danses traditionnelles le samedi 24 octobre à 15h30 et repas à 19h30 sur réservations au 06 88 22 70 81.

Renseignements au 06 75 05 89 34.



Milena MAKARIUS


BIOGRAPHIE :

"Il y a encore trois ans, j’aurais dit que ma grande passion était la langue, et avec elle, la littérature. Le français, d’abord ma langue d’adoption, devenue celle de la pensée, est aussi mon métier. Je m’y suis consacrée depuis l’âge de 24 ans en devenant assistante de littérature française ancienne à l’Université de Sofia. Depuis 1990, je vis en France. Aujourd’hui, j’enseigne le français médiéval et la littérature française du Moyen Âge à l’Université de Limoges. 

Au moment où je devais choisir ma voie professionnelle, je dessinais beaucoup et mon choix était tout fait : les Beaux Arts. Mais la Bulgarie communiste interdisait à ses jeunes ressortissants des études autres que les sciences exactes et les lettres. Les études aux Beaux-Arts qui m'attiraient m'étaient donc plus que déconseillées : elles faisaient partie de l'idéologie capitaliste « pourrie ». Cliché tellement répété qu’il a donné lieu à une blague : le capitalisme est comme la nèfle : plus il pourrit, meilleur il est. Nous devions rentrer dans le pays et c’est donc par défaut que je me suis inscrite en lettres. La déception s'est transformée en émerveillement qui a conduit à ma carrière universitaire. 

Et voilà qu’il y a deux ans, encouragée par l’enthousiasme d’un ami qui m’a vu gribouiller un portrait, je suis revenue vers mes anciennes amours. J’y suis revenue timidement d’abord, en allant tous les samedis dans l’atelier de l’artiste Cléa Vignando. Puis, j’ai vite compris que tout était toujours là, à portée de pinceau, l’état second entre concentration et abandon que j’avais déjà connu et le plaisir immédiat. Qu’une passion avait recouvert l’autre. 

C’est en boulimique que je me suis lancée depuis à découvrir des techniques. Tous les sujets m’attirent, mais peut-être le plus en ce moment la figure humaine, le visage. Ce n’est pas la ressemblance que je recherche dans les portraits. Le visage humain me fascine par ce qu’il ne donne pas immédiatement à voir. Forme géométrique et lieu où s’exprime l’identité du sujet mais également un instantané de vie. Visages figés comme des masques ou venant comme derrière une vitre, comme des apparitions. 


C’est du geste de retenir une ombre en dessinant ses traits sur le mur que la peinture est née, dit la légende. Du désir de se saisir donc d’une absence et de la conjurer. La peinture pour moi, c’est ça : un jeu autour de la présence- absence. Capter une forme capable de dire cette absence et faire venir un bout, un fragment de présence par et dans la matérialité du tableau. Peindre une pensée, un sentiment, un mouvement qui de moi ira au tableau et croisera quelque part, dans un temps qui m’échappe, celui qui regarde. 

En avril 2013 j’ai fait ma première exposition au centre culturel de Feytiat." 

Milena Makarius, 2015