vendredi 5 juin 2015

Présentation d'EVA-MARIA

Une cantatrice, une écuyère, un cheval
en photo et en poème, un hommage à la maternité



« La puissance tellurique d’un amour, infiniment posé, tranché, pour lui le très grand :
Raspoutine, et l’autre : le tout petit, à venir, qui ne portait pas encore de nom et l’envie de les réunir dans une même image m’a donné l’idée de faire cette séance.
Et nous, Stéphane et moi, les exécutants de cette cérémonie avons assistés à notre propre histoire…
Faire vite, avant que l’un apparaisse et que fatalement, un jour, l’autre disparaisse, ce qui arriva plus tôt que prévu.
Pour cette raison, ces photos restèrent enfouies plusieurs années et ce n’est que récemment qu’au détour d’une conversation, j’ai osé les montrer à Jean-Louis Gouraud, qui fut le premier et le seul à les voir.
Lui seul a su quoi en faire et a imaginé toute l’histoire de ce coffret ».

Eva Schakmundès



EVA MARIA:
une cantatrice, une écuyère
(et des chevaux)


Eva Maria !

Eva, comme Eva Schakmundès.
Maria, comme Maria Garcia.

Eva Schakmundès : plus précisément Eva Shoshana Schakmundès.
Danseuse-écuyère aux origines multiples (l’Indochine et l’Alsace par sa mère, la Lituanie, la Pologne, leTatarstan par son père). Née à Tours le 15 février 1964. À son répertoire : Zingaro, Mazeppa, Penthésilée, entre autres.

Maria Garcia : plus précisément Maria Felicia Garcia, épouse Malibran (puis de Bériot), dite La Malibran. Cantatrice mezzosoprano, actrice, compositrice. Fille d’une comédienne et d’un ténor espagnols. Née à Paris le 24 mars 1808. Mariée, très jeune, à un homme d’affaires franco-américain, puis à un violoniste belge. Décédée à Manchester, enterrée à Bruxelles. La plus grande diva internationale de son temps. À son répertoire : Rossini, Donizetti, Bellini, entre autres.

Passionnée d’équitation, Maria avait tenu, au cours d’une tournée en Grande-Bretagne, à essayer un de ces fameux pur-sang qui font la réputation de l’élevage anglais.

Le 5 juillet 1836, on lui confie une monture d’habitude plutôt tranquille, qu’elle lance, cavalière (trop) intrépide au grand galop sur la piste circulaire (inner circle) du Regent’s Park, un des plus beaux « espaces verts » de Londres. Hélas, c’est l’accident.
Maria tombe de son cheval. Gravement contusionnée, notamment à la tempe, elle décide de tenir pourtant ses engagements, et de se produire, malgré tout, le soir même.

Animée d’une force de caractère inouïe, elle « tiendra » ainsi près de trois mois encore. Son calvaire prendra fin le 23 septembre, peu avant minuit, au mi-temps de sa vingt-huitième année.
Le médecin chargé de certifier le décès constatera que Maria était enceinte.

Un siècle et demi plus tard…
Septembre encore.
Le 19 septembre 1999, très exactement. À quelques jours d’accoucher, Eva
éprouve soudainement l’irrépressible besoin de conserver l’image, le souvenir, la silhouette de sa grossesse, et demande à Stéphane Laisné, le futur père, de prendre quelques photos. L’amazone (trop?) intrépide tient absolument à ce que les prises de vue soient faites en présence et avec la participation de Raspoutine. Un étalon percheron de 980 kg, âgé d’une quinzaine d’années. C’est le meilleur ami de Eva, son compagnon, son piédestal : c’est sur lui qu’elle danse, avec lui qu’elle fait ses tours de piste et qu’elle a fait le tour du monde.
Une semaine plus tard, le 26 septembre, Eva donne naissance à un garçon, qu’elle prénomme – vaste programme – Noé Ulysse Salomon. Raspoutine s’éteint le 27 octobre de l’année suivante.
Les documents de Stéphane Laisné, confiés à l’artiste photographe Gilles Tondini, ont inspiré à ce dernier une création graphique en vingt-trois planches.
La vie de Maria avait inspiré à Alfred de Musset un poème en vingt-sept strophes de six vers, les stances à La Malibran, publiées dans La Revue des Deux Mondes  le 15 octobre 1836, moins d’un mois après la mort de la diva.

VivaMaria ! Ave Maria !
Eva Maria !



La danseuse et écuyère Eva Schakmundès 


Née le 15 février 1964, Eva, après un voyage de 4 ans dans les déserts de l’Afrique du Nord et de la Grèce, rentre à 15 ans à L’École Nationale du Cirque Annie Fratellini et suit parallèlement une formation de danseuse. Suivront des années de tournées au sein de troupes de cirque et de compagnies de théâtre. En 1988 elle rejoint le théâtre équestre Zingaro fondé par Bartabas. Elle sera écuyère soliste pendant 4 créations et interprétera le premier rôle féminin dans le long métrage de Bartabas « Mazeppa », au côté de Miguel Bosé. Raspoutine, son magnifique percheron blanc vient donné naissance durant toutes ces années à ce centaure femme-cheval inoubliable.
Ce coffret est un vrai témoignage d’amour à ce magnifique cheval, duquel les crins sont répartis sous le cachet de cire de chacun des cent coffrets. En 1999, elle crée avec Stéphane Laisné (auteur des photos) la compagnie Salam Toto – Théâtre de cheval et d’aventures.
Auteur, metteur en scène et performeuse, elle y crée ses propres spectacles.
Parmi les spectacles et créations à son répertoire, on peut retenir …

« Schéma » – alminNivdais –Opéra de Paris – 1981
« Lola Montès » – C.D.N. – Nord-pas-de-Calais – 1988 J.L. Martin-Barraz
« Cabaret Equestre I » – Zingaro – 1988
« Cabaret Equestre II » – Zingaro – 1990
« Opéra Equestre » – Zingaro – 1991
« Chimère – Zingaro » – 1994
« Aller à la pêche aux ifs » – Compagnie Generik Vapeur – 1998
« La conférence des chevaux» – Compagnie Generik Vapeur – 2006
« Penthésilée Suite Fantasy » – Compagnie Salam Toto – 2002
« La Guinguette Cavale » – Compagnie Salam Toto – 2005
« Paroles d’Anges » avec la compagnie Dansomania – 2002
« Danse de Peaux » – Compagnie Salam Toto – 2006
« Le Jardin des Délices » – Performance de peintures sur chevaux – 2008
« 24 h de la vie d’une femme et d’un cheval » – 2009 – prix Beaumarchais - SACD d’aide à l’écriture.



Le créateur photographiste : Gilles Tondini


A 48 ans, ce passionné de livres d’art, a à son actif de multiples réalisations dans l’édition et la photographie. Il a exposé, entre autre, à Paris, en Norvège et à New York: :
« Nanterre, une cité de transit »
« Prénoms » travail en noir et blanc sur l’identité
« Quelque part entre par là » photographies de voyage
« Ombres » modules et photographies travail fondamental sur la lumière
« Derrière la Palissades » travail en noir et blanc sur les travailleurs en tunneliers
« Botan ou les Olfavisions » travail sur les sens et la mémoire.

Pour lui, l’acte photographique s’articule autour de deux principes fondamentaux et complémentaires: Le vagabondage, l’errance ou l’art de laissait traîner ses yeux dans le sillage de nos déplacements quotidiens. « Une errance qui se systématise devient un fonctionnement cohérant qui nous amène au reportage ». Gilles voue une véritable admiration pour les grands reporters Louis Hines, Eugène Smith, Gilles Caron, créateurs d’empreintes, de témoignages et de traces anthropologiques et ethnologiques.


Gilles travaille actuellement sur deux livres traitant du signe et de l’empreinte.

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