vendredi 30 novembre 2012

Marie Gervais: 106 ans, ça vaut bien des images et un film!

Marie Gervais, une paysanne de Grassac, aura 106 ans  
le 15 décembre. Son arrière-petit-neveu lui rend hommage à la Tour Saint-Jean à Marthon.



Franck Brudieux célèbre les 106 ans de son arrière-grand-tante en montrant des images à la Tour Saint-Jean à Marthon. Photo Majid Bouzzit


Marie Gervais fêtera ses 106 ans le 15 décembre dans sa maison de Grassac. Mais dès demain, Franck Brudieux, son arrière-petit-neveu, lui rend hommage à la Tour Saint-Jean à Marthon. Un hommage multiple, inspiré par la personnalité de la vieille dame qui continue de tricoter près de sa cuisinière à bois. Une activité entrecoupée par la lecture de Charente Libre et les jeux télévisés.

Son descendant a décidé de marquer le coup en invitant le public à plonger dans l'époque qu'elle a vécue. Une époque marquée par le travail de la terre. Cadette d'une fratrie de dix enfants, elle a appris à lire en gardant les vaches. «Parmi les frères et soeurs, il y avait une fille-mère, victime de tellement de ragots qu'elle s'est suicidée. Sa fille, c'était ma grand-mère Marcelle et c'est Marie qui l'a élevée», décode avec tendresse Franck Brudieux.

Mais le technicien aéronautique de 42 ans, étudiant en audiovisuel à Toulouse, ne se contente pas de tourner les pages de l'album familial. Il puise dans les clichés noir et blanc, l'histoire d'un siècle de paysannerie. Il montre les battages, les paillers, le travail des chevaux et l'arrivée des premiers tracteurs. Il ressuscite des scènes familiales accumulées depuis des décennies dans les tiroirs de cuisine. Des images scannées, nettoyées, corrigées.

Une mémoire qui se perd

«À travers Marie, c'est un monde, un hommage à une mémoire qui se perd. J'espère que beaucoup de visiteurs auront envie de s'exprimer, oralement et sur le livre d'or que je lui remettrais», confie le descendant qui a prévu de réaliser un DVD pour l'anniversaire de la vieille dame. Un complément à la collecte engagée il y a vingt ans.

«Pendant un an, j'ai réalisé des portraits de mes proches et des paysages du coin. C'était le moment de fixer tout ça, je sentais que l'on changeait d'époque», se souvient le jeune homme au visage romantique. En 2008, il signait son premier film sur Marie. Trois jours de tournage. Trois jours de complicité avec l'aïeule à la blouse imprimée.«On peut y retourner demain, on fera la même photo. Elle est toujours comme ça, elle ne change pas», témoigne Franck, admiratif.

La Tour Saint-Jean, située en face de la maison natale de Jean-Marie Brudieux, son père, s'imposait pour accueillir l'expo et la diffusion des vidéos. La rencontre avec Patrick Maindron, le propriétaire, a donné un coup d'accélérateur au projet. En deux mois et demi, il était bouclé. Le résultat est à la hauteur des 106 ans.


mardi 27 novembre 2012

Les 106 ans de Marie Gervais

La Tour Saint Jean vous invite au vernissage de l'exposition Les 106 ans de Marie Gervais et à la conférence "Les Fruits de Marie" de Jean-Yves Maisonneuve le samedi 1er Décembre 2012 à 15h00.



Marie Gervais fêtera ses 106 ans le 15 Décembre 2012, et à cette occasion, nous vous proposons une exposition photographique sur la vie à Grassac depuis 100 ans. 

Une soirée cinéma-débat sera organisée le jeudi 13 Décembre à 20h30 au Silvérado autour du film "Le temps des châtaignes" de Jean Semouillan, avec le soutien de l'Université de Pays, en présence du réalisateur. 

Une installation sonore ainsi que des courts-métrages seront diffusés pendant toute la période de l'exposition.

L'exposition se déroulera du 1er au 16 Décembre 2012.


Programmation documentaires

Dimanche 2 décembre : 

14h : DE LA TERRE A LA TERRE (52’, Ardèche, réalisation Ugo Zanutto,2010, ESAV) 

15h : DU JOUG A LA PUCE (réalisation MSA) 

16h : SOL VIOLETTE, l’éclosion d’une monnaie (50’, Toulouse, réalisation Bertrand Led ,2011, 

production ZOOMS Verts) 

17h : ENTRETIEN PIERRE RABHI (52’, réalisation Eric Nanchen et Axel Roduit, 2010) 

18h : LA SOUPE DE MARIE (3’, Charente, réalisation Franck Brudieux ,2009, ESAV)


Vendredi 7 décembre : 

14h : HENRI (58’, Périgord, réalisation Mathias Fyferling,2007) 

15h : ENTRETIEN PIERRE RABHI (52’, réalisation Eric Nanchen et Axel Roduit, 2010) 

16h : MARIE (9’, Charente, réalisation Franck Brudieux ,2011) 

17h : LA SOUPE DE MARIE (3’, Charente, réalisation Franck Brudieux ,2009, ESAV) 

18h : HANYA (37’, Jebha Maroc, réalisation Lorris Coulon, 2011)


Samedi 8 décembre : 

14h : DU JOUG A LA PUCE (réalisation MSA) 

15h : HANYA (37’, Jebha Maroc, réalisation Lorris Coulon, 2011) 

16h : L’EXTRAORDINAIRE JOURNEE DE MERDE DE M.MONO (28’, Toulouse, 

réalisation Sébastien Chantal,2011,ESAV) 

17h : LA FERME DU CRABE (15’, Toulouse, réalisation Magali Chapelan ,2011,ESAV) 

18h : SOL VIOLETTE, l’éclosion d’une monnaie (50’, Toulouse, réalisation Bertrand Led ,2011, 

production ZOOMS Verts)


Dimanche 9 décembre : 

14h : L’EXTRAORDINAIRE JOURNEE DE MERDE DE M.MONO (28’, Toulouse, 

réalisation Sébastien Chantal,2011,ESAV) 

15h : HENRI (58’, Périgord, réalisation Mathias Fyferling,2007) 

16h : ENTRETIEN PIERRE RABHI (52’, réalisation Eric Nanchen et Axel Roduit, 2010) 

17h : MARIE (9’, Charente, réalisation Franck Brudieux ,2011) 

18h : WALOU (54’, Jebha Maroc, réalisation Lorris Coulon,2010)


Jeudi 13 décembre au SILVERADO : 

20h30 : ONDEE (8’50, Toulouse, réalisation Teddy Boulangée, 2011, ESAV) 

LE TEMPS DES CHATAIGNES (59’, Ariège, réalisation Jean Samouillan ,2012)


Vendredi 14 décembre : 

14h : DE LA TERRE A LA TERRE (52’, Ardèche, réalisation Ugo Zanutto,2010, ESAV) 

15h : WALOU (54’, Jebha Maroc, réalisation Lorris Coulon,2010) 

16h : HANYA (37’, Jebha Maroc, réalisation Lorris Coulon, 2011) 

17h : MARIE (9’, Charente, réalisation Franck Brudieux ,2011) 

18h : ENTRETIEN PIERRE RABHI (52’, réalisation Eric Nanchen et Axel Roduit, 2010)




Horaires : tous les jours de 14h à 19h.

Adresse :
La Tour Saint Jean
Rue Saint Jean
16 380 Marthon

Renseignements au 06 75 05 89 34 (Patrick Maindron)






Les 106 ans de Marie Gervais dans la Charente Libre

Marie, 106 ans de labours et d'eau fraîche [+vidéo]


Son arrière-petit-neveu organise «Les Journées de Marie» début décembre à Marthon. Un hommage à la tradition paysanne qu'incarne la centenaire. Une centenaire qui tricote, lit et cuisine.


Son arrière-petit-neveu organise «Les Journées de Marie» début décembre à Marthon. Un hommage à la tradition paysanne qu'incarne la centenaire. Une centenaire qui tricote, lit et cuisine.


"Depuis mes 100 ans, il me prend comme vedette de cinéma." À bientôt 106 ans, Marie Gervais, chignon tiré à quatre épingles, blouse sans manches, devant sa cuisinière à bois à Grassac, préfère rire des attentions répétées de son arrière-petit-neveu. Elle dévoile les photos de l'étudiant en audiovisuel. Elle sait qu'en décembre, il lui réserve une surprise, une fête qui sort de l'ordinaire à la Tour Saint-Jean de Marthon: «Les Journées de Marie», une évocation de la paysannerie du siècle dernier, des témoignages, des films, des images. Un passé qui ressurgit entre la lecture deCharente Libre pour la «renseigner», le tricot pour la souplesse des doigts et la télé pour les jeux. Confortablement installée dans son fauteuil, la vieille dame consent à fouiller sa mémoire pour évoquer un temps que les moins de 80 ans n'ont pas connu.


Marie Gervais avait l'âge de l'enfance - Quel âge? Elle ne sait plus très bien: «Dès que j'ai pu marcher», dit-elle - lorsqu'elle gardait les vaches dans sa campagne limousine. Une fatalité. Elle était la cadette d'une fratrie de dix enfants. «Ma mère ne pouvait pas subvenir à tout et il fallait aider mon père. On commençait l'école après la Toussaint et on arrêtait en mars. On apprenait à lire aux champs.» Un cycle interrompu par la guerre de 14-18. «On était cinq à la maison quand papa est parti. Cette guerre m'a marquée au fer rouge. Quand ça va mal dans le monde, j'y pense encore», soupire Marie Gervais en passant aussitôt à 39-45. Des années qui ont griffé à jamais son coeur.

«Mes deux frères ont été faits prisonniers, ma mère est décédée, mon père ne pouvait plus travailler. Il avait la colonne vertébrale fracturée. Il fallait bien se débrouiller.» La famille se retrouve dans le berceau actuel du «Pontilloux» à Grassac. «Une ferme de 28 hectares avec des vaches, un petit bourricou, cinq ou six brebis, une chèvre, une dizaine de poules, des lapins, une truie...»

Marie Gervais interrompt un instant sa description pour raconter le déménagement de Rougnac, sa première halte charentaise en 1911. Une épopée. «On a quitté Rougnac à pied, le matin à 8 heures, avec une soeur, une camarade et les trois cochons, on est arrivé le soir à 6 heures. Maintenant, vous n'avez qu'à les faire marcher comme ça les drôles, vous verrez!»

Toute sa vie, l'agricultrice est restée fidèle à l'exploitation familiale. Elle ne s'est jamais mariée. «Jamais, je ne me serais mis tant de misère sur la tête.» Elle n'a jamais été maman. «Je m'occupais déjà des enfants de mes frères, je n'avais pas besoin d'en avoir à moi.» Elle montre un cliché représentant la tribu des neveux et leurs descendants lors de son centième anniversaire à Grassac: «Ils sont bien une centaine.» Elle indique la plus jeune, Lou-Anne, qui n'est plus la benjamine aujourd'hui.


«Pas au chômage» avec le tricot

Tout va vite. Trop vite pour Marie Gervais qui se déplace doucement pour recharger la cuisinière. «J'apprécie beaucoup d'être ici, mais depuis quelques années, je ne fais plus de jardin, je ne soigne plus les volailles. Un voile de tristesse obscurcit son regard malicieux. Mais je fais toujours ma soupe. Je mets des courgettes, du poireau, des potirons, des carottes, du céleri et je coupe à petits morceaux. Sans mouliner.»

Entre les passages des aides ménagères - «Matin et soir pour me lever, me coucher et faire ma toilette» -, des personnes «très gentilles», la centenaire ne s'ennuie pas. «Je ne suis pas au chômage, je me suis mise à tricoter. Des chaussons pour aller au lit. Des chaussettes, des cache-cols. Pour mes nièces aussi.» Elle apprécie les visites régulières de ses neveux et la présence voisine de sa belle-soeur, Raymonde. «Il y a le Dr Martin qui passe prendre de mes nouvelles.»

Sa recette pour bien vieillir? «Le matin, mon verre d'eau; l'après-midi, mon verre d'eau; le soir, mon verre d'eau. C'est mon apéritif.» Son secret? «C'est parce qu'elle a du caractère», assure Raymonde. Elle est carrément «géniale» pour son arrière-petit-neveu. Difficile de le contredire. «Happy birthday to you Mary!»

15 décembre 1906. Naissance à Marval (Haute-Vienne) de Marie Gervais.

1911. Elle s'installe à Rougnac dans une petite ferme avec ses parents.

1916. La famille déménage au hameau de «Pontilloux» à Grassac où Marie Gervais demeure toujours.

2006. Elle fête ses 100 ans à Grassac.

1er décembre 2012. Début de la manifestation «Les Journées de Marie» à la Tour Saint-Jean à Marthon avec expo, vidéo, conférence...


Trois Charentaises plus âgées

Malgré ses 105 ans et 11 mois, Marie Gervais n'est pas la doyenne de la Charente. Alors que la préfecture n'a aucun élément sur le sujet, nous avons enquêté. Selon nos informations, la doyenne des Charentais serait Alice Lalut de Mansle, 107 ans et 6 mois, devant Eugénie Vriet de Champagne-Mouton, 106 ans et 10 mois, et Marie-Juliette Barrier de Roumazières, 106 ans et 6 mois.



Marie Gervais : 106 ans

samedi 17 novembre 2012

Marthon: Picasso à l’œuvre au Silverado

La galerie d'art de la Tour Saint-Jean à MARTHON expose en Novembre de nombreux dessins de Pablo Picasso, collectés et présentés par Michelle ROUFFANCHE, dépositaire savante et passionnée. L'Université de Pays a saisi cette initiative pour offrir, Vendredi 8 Novembre, une rencontre conviviale avec ce peintre, trop -ou trop peu- connu.



Jean-Claude Valin, lui-même peintre, a permis que les échanges aillent bien au-delà des simples impressions


Avec le concours des propriétaires des lieux, Danielle et Patrick, plus de soixante personnes ont été accueillies pour une visite-buffet, commentée et discutée très librement. Picasso a beaucoup produit et s'est intéressé à toutes les formes d'édition de l'art: dessins, peintures, gravures, lithographies, et des exemples significatifs de ces travaux étaient accrochés, témoins de ces différentes "époques". Bien des conversations sur son oeuvre et sur l'expression artistique se sont ainsi nouées, un verre à la main, entre des connaisseurs et des néophytes, sans préjugés.

Après ces agapes, l'Université de Pays invitait les participants à rejoindre le cinéma "Silverado" pour voir un film de H.-G. CLOUZOT, consacré en 1955 au "Mystère Picasso". Là, presque sans paroles, les oeuvres, filmées- en direct- par la caméra, se construisaient sous les yeux du spectateur.

On découvre le peintre dans sa maturité, sûr de lui, de ses choix, de son trait et de ses coups de pinceau, conduisant ses tableaux de la plage blanche à l'achèvement, mais parfois au rejet ! Quelle leçon d'art…

Un débat s'est ouvert, après le film, guidé par J.C.VALIN qui situe l'artiste dans son temps: la première moitié du XX° siècle, si chargée de bouleversements. Doté par son père, professeur de dessin, d'une solide formation technique, Picasso va se trouver au coeur de toutes les formes nouvelles, entre lesquelles sa personnalité ne se perd jamais: naturalisme, cubisme, surréalisme…

Des spectateurs soulignent la relativité du trait, la force des couleurs primaires, mais aussi l'admiration de Picasso pour Matisse et pour Bonnard. On note également l'engagement politique de l'artiste, qui lui valut peut-être une part de sa notoriété.

Pour conclure, J.-C. VALIN pointe la qualité de la caméra de CLOUZOT (auteur du "Salaire de la peur", des "Diaboliques" et de "La Vérité"), qui fut un enfant de Niort. Pourquoi tant d'autres artistes n'ont-ils pas inspiré aussi des films qui témoigneraient ainsi de la diversité de la créativité en action ?

AT


Source : Charente Libre

lundi 12 novembre 2012

Prochaine exposition : Les journées de Marie

Soutenez la prochaine exposition 
de la Tour Saint Jean


Manifestation photographique sur 100 ans de vie rurale en Charente du 1er au 16 décembre 2012


http://fr.ulule.com/journees-de-marie/



- Vernissage et conférence samedi 1er Décembre à la Tour Saint Jean à partir de 14h00.

- Projection et débat autour du film de Jean Samouillan "Le temps des châtaignes"au Silvérado à Marthon le jeudi 13 Décembre à 20h30.



A propos :

Marie Gervais, "presque" la doyenne de la Charente (voir article presse) , fêtera ses 106 ans le samedi 15 décembre prochain. A cette occasion mon souhait est d’organiser (sur 16 journées !) une grande exposition photographique qui, à travers Marie, sera un hommage à cette paysannerie du 20ème siècle.

Marie a toujours vécu de peu, a passé des périodes difficiles, jusqu'à ce jour... Sa ferme, comme celles des 46% des français ruraux (au début 20ème) a contribué à la survie des villes françaises pendant les deux guerres mondiales.

Par son témoignage sur plus d'un siècle (elle s'installe en Charente en 1916 !), c'est une leçon de vie, lucide sur notre époque actuelle, que sa présence diffuse ... Les scolaires des villages de Grassac, Marthon et Charras seront amenés à le découvrir...

Accompagnant l'exposition de photographies, il y aura aussi 3 moments forts : une conférence sur l'évolution de nos jardins au 20ème siècle, une soirée cinéma "Tous paysans ?" (films école audiovisuel de Toulouse, esav) et bien sûr le moment de partage de son entrée dans sa 107 ème année...

Savoir d'où l'on vient afin de mieux appréhender l'avenir...




La Tour Saint Jean
Rue Saint Jean
16 380 Marthon

VOIR UN PEINTRE A L’ŒUVRE : PICASSO À MARTHON

Visite de l'exposition Picasso et projection du film "Le Mystère Picasso" de Henri Georges Clouzot au Silvérado.


La galerie d'art de la Tour Saint Jean à Marthon expose en Novembre de nombreux dessins de Pablo Picasso, collectés et présentés par Michelle ROUFFANCHE, dépositaire savante et passionnée. L'Université de Pays a saisi cette initiative pour offrir, Vendredi 8 Novembre, une rencontre conviviale avec ce peintre, trop -ou trop peu- connu. 

Avec le concours des propriétaires des lieux, Danielle et Patrick, plus de soixante personnes ont été accueillies pour une visite-buffet, commentée et discutée très librement. Picasso a beaucoup produit et s'est intéressé à toutes les formes d'édition de l'art: dessins, peintures, gravures, lithographies, et des exemples significatifs de ces travaux étaient accrochés, témoins de ces différentes "époques". Bien des conversations sur son œuvre et sur l'expression artistique se sont ainsi nouées, un verre à la main, entre des connaisseurs et des néophytes, sans préjugés. 

Après ces agapes, l'Université de Pays invitait les participants à rejoindre le cinéma "Silverado" pour voir un film de Henri Georges CLOUZOT, consacré en 1955 au "Mystère Picasso". Là, presque sans paroles, les œuvres filmées -en direct- par la caméra, se construisaient sous les yeux du spectateur. 

On découvre le peintre dans sa maturité, sûr de lui, de ses choix, de son trait et de ses coups de pinceau, conduisant ses tableaux de la plage blanche à l'achèvement, mais parfois au rejet ! Quelle leçon d'art… 

Un débat s'est ouvert, après le film, guidé par Jean Claude VALIN qui situe l'artiste dans son temps: la première moitié du XX° siècle, si chargée de bouleversements. Doté par son père, professeur de dessin, d'une solide formation technique, Picasso va se trouver au cœur de toutes les formes nouvelles, entre lesquelles sa personnalité ne se perd jamais: naturalisme, cubisme, surréalisme… 

Des spectateurs soulignent la relativité du trait, la force des couleurs primaires, mais aussi l'admiration de Picasso pour Matisse et pour Bonnard. On note également l'engagement politique de l'artiste, qui lui valut peut-être une part de sa notoriété. 

Pour conclure, Jean Claude VALIN pointe la qualité de la caméra de CLOUZOT (auteur du "Salaire de la peur", des "Diaboliques" et de "La Vérité"), qui fut un enfant de Niort. Pourquoi tant d'autres artistes n'ont-ils pas inspiré aussi des films qui témoigneraient ainsi de la diversité de la créativité en action ?